Lisons et méditons la Parole de Dieu

"Etre chrétien ne se réduit pas à suivre des commandements,

mais veut dire être en Christ, penser comme Lui,

agir comme Lui, aimer comme Lui."

Le pape François, le 7 juillet 2013

Temps de l'Avent : Du 29 novembre à la veille de Noël

Le mot "Avent" vient du latin "adventus" qui veut dire arrivée, venue. Par ce mot, l’Église désigne le temps pendant lequel les chrétiens attendent la venue du Christ qui est fêtée à Noël. L’Avent débute quatre dimanches avant Noël. C’est un temps de préparation marqué par la symbolique de l'attente et du désir. Cette année, il commence le 29 novembre. (source : La Croix)

Christ Roi de l’Univers

 

Dimanche 22 novembre 2020

 

 

La fête du « Christ Roi » a été instituée par le pape Pie XI, en 1925 (encyclique Quas primas 11/12/1925), afin de mettre en lumière l'idée que les nations devraient obéir aux lois du Christ. À l'origine, elle était célébrée le dernier dimanche d'octobre précédant la Toussaint.

Depuis la réforme liturgique du Concile Vatican II, elle est célébrée le dernier dimanche du calendrier liturgique, celui qui précède le premier dimanche de l'Avent. Par ailleurs, l'orientation et le nom même de la fête ont été changés : devenue la fête du « Christ Roi de l'univers », elle met l'accent sur l'idée que dans le Christ toute la création est récapitulée.

 

Voici le sens de cette fête que nous propose le Père Damien Stampers (1) à partir de l’analyse des textes de ce dimanche :

 

Christ pasteur, roi et juge.

 

 Nous fêtons aujourd’hui la fin de l’année liturgique et comme chaque année, il nous est demandé de contempler le Christ en Gloire, le Christ Roi de l’univers. Le terme de roi est ambigu, car il nous renvoie à des images trop terrestres d’un monarque absolu, de quelqu’un de supérieur qui ne se mélange pas avec le peuple. Cela brouille d’ailleurs notre vision du royaume de Dieu sur terre qui pour certains devient une théocratie absolue et autoritaire. La royauté du Christ est différente, elle est divine et ne se comprend qu’à travers les images de la croix, du pasteur et du juge, tels que les textes d’aujourd’hui nous invite à le comprendre.

 

 I/ La croix signe de la royauté du Christ. 1 Co 15

 

La royauté du Christ en Gloire ne se révèle, nous dit Paul dans la 1Co, qu’à travers le mystère de la croix et de la résurrection de Jésus Christ. Le roi est celui qui s’est fait le dernier et est venu partager la faiblesse de notre humanité, jusqu’à mourir, lui qui est immortel, et à mourir sur une croix. La royauté du Christ ne le sépare pas de son peuple, elle le rejoint dans le tréfonds de sa mort et de sa souffrance. Christ règne dans les cieux, dans la Gloire de la résurrection, et tout lui est soumis, parce qu’il est passé par la croix et la mort. A sa suite, tous ceux qui désirent participer à cette dignité de prêtre, de prophète et de roi doivent être eux aussi baptisés dans la mort et la résurrection du Christ. On veut bien souvent les honneurs, mais Jésus nous dit qu’il faut pour les recevoir prendre la tenue de serviteur, prendre sa croix et marcher à sa suite.

 

II/ Le berger qui conduit le troupeau. Ez 34

 

La royauté du Christ ne l’enferme pas dans une adoration autocentrée. Le Christ est roi de l’univers non pas pour être laissé sur un autel et adoré, mais bien pour gouverner et guider son peuple comme le bon berger en Ezéchiel. Le Christ roi de l’univers ne ramène pas tout à lui, mais au contraire va à la recherche de la brebis perdue, de celle qui est blessée, de celle qui est faible. Ce n’est pas moi qui dois me rendre près de lui, c’est lui qui vient à moi et se penche sur moi pour me prendre sur ces épaules. La merveille de cette royauté c’est bien cette figure du berger, du pasteur, qui abandonne tout pour venir à moi.

 

III/ Le Christ juge de l’univers. Mt 25

 

L’évangile du jugement eschatologique en saint Matthieu, nous révèle une troisième image de la royauté du Christ : il prend la figure du juge, telle qu’elle est présente dans l’Ancien Testament. Ce jugement dérange car il n’est pas question de pardon ou de miséricorde, il dérange car il n’est pas question de prières dites, de culte rendu ou d’assistance à la messe. Le jugement est brutal et simple : qu’as-tu fait de ton frère ? Et, il nous renvoie à Gn 4 et Caïn et Abel. Le jugement passe par la charité et la responsabilité de chacun. Il n’y a pas d’option préférentielle pour le pauvre dans l’évangile, le service du pauvre est une obligation, pas une option. Ma prière est vaine si, à l’exemple du roi berger, je ne vais pas vers celui qui a besoin de moi et qui crie vers moi. Le salut ne vient pas de la pratique dominicale, mais bien de mon engagement dans l’amour au service de mes frères. Nous serons jugés sur cela et sur rien d’autres.

 

 Faut-il alors cesser d’aller à la messe et de prier ? Ce serait faire fausse route : l’eucharistie est le sacrement de l’amour, c’est à la messe que je rencontre le Christ mort et ressuscité dans le pain et le vin du sacrifice. C’est à la messe que je viens communier et partager à l’amour du roi berger, que je peux porter mes faiblesses, mes blessures, mes maladies pour qu’il puisse les prendre sur lui. La prière et l’eucharistie sont le jugement en acte de la part du Christ roi, berger de l’univers, c’est là qu’il guérit, réconforte, relève, nourrit de son amour et de sa paix, pour qu’à notre tour nous soyons capable d’en être témoin et faire de même autour de nous. Le jugement ne doit pas faire peur, il doit réveiller notre conscience et notre foi, il doit nous faire entrer dans la vraie royauté du Christ, celle de l’amour qui donne sa vie pour ceux qu’il aime.

 

 

                        Chant : Christ, Roi du monde ( M 35 )

 

1- Christ, Roi du monde,

    Toi, le Maître unique,

    Né tel un homme,

    Tu es notre frère :

    Voir ton visage,

    C’était voir le Père,

    Gloire et louange à Toi !

 

2- Christ, paix du monde,

    Toi, douceur unique,

    Celui qui t’aime

    Doit aimer son frère;

    Lie-nous ensemble

    Dans l’amour du Père.

    Gloire et louange à Toi !

 

3- Christ, vie du monde,

    Toi, l’espoir unique,

    Seul, dans l’angoisse,

    Tué par tes frères,

    Toi, qui nous sauves,

    Règne avec le Père.

    Gloire et louange à Toi !

 

                                                      _____________________________

 

(1)-le Père Damien Stampers est professeur à l’Université Catholique de Paris, bibliste, et vicaire général du diocèse de Blois

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