Lisons et méditons la Parole de Dieu

"Etre chrétien ne se réduit pas à suivre des commandements,

mais veut dire être en Christ,

penser comme Lui,

agir comme Lui,

aimer comme Lui."

Le pape François, le 7 juillet 2013

Le silence, l'épreuve du temps :

La langue est un monde d'injustice et un marqueur identitaire !

"Le Seigneur  est dans son saint Temple : Silence devant lui tous les peuples"

atteste Habaquq (2,20), parce que c'est dans le SILENCE que Dieu entre dans les profondeurs les plus intimes de notre être. Nous semblons oublier son importance. Nos repères spirituels, symboliques, traditionnels se sont dénaturés. 

Le silence semple perdre sa valeur thérapeutique et éducative. Pourtant, à bien voir, le silence est la lutte contre le péché et le vice, la fin des jugements et des passions humaine. Il permet de voir Dieu dans les profondeurs de son Amour, dans la lumière intérieure de l'Esprit, de vivre et de mourir avec Lui.

Ainsi, de même que les "portes constamment ouvertes de la salle de bains laissent passer la chaleur de l'intérieur à l'extérieur, celui qui parle beaucoup même s'il est bon, laisse échapper ses pensées par la porte de sa voix."

Il suffit de contempler la présence réelle de Dieu, de saluer Marie à l'entrée de l'église. Il s'agit de se dépouiller de notre confort matériel et de nos pensées, afin que rien ne barre la route de Dieu. Nous pourrons, en cet effet, lui donner la possibilité de naître chez nous. Ceci nous conduit à nous demander pourquoi, dans un monde où l'internet, la radio et la télévision occupent l'espace et le temps, le risque de l'harmonie intérieure n'est-il pas si évident ? Souffrons-nous d'un défaut d'écoles du silence ? Précisions, qu'il y a quatre dangers dans la parole :

 

- Le premier est la CURIOSITE, elle conduit à la distraction. Tout divulguer dans la vie, c'est manquer de profondeur !

 

- Le second danger est le JUGEMENT D'AUTRUI, une grand partie de nos journées porte sur autrui. On ignore parfois que discourir sur autrui, c'est cacher ses faiblesses et ses péchés !

- Le troisième danger est la VANITE. Beaucoup parler, c'est vendre son image ou sa personne à bas prix, car dans l'échelle du paradis, Jean Climaque reconnaît à juste titre : "Le bavardage est le trône de la vaine vantardise, que l'on érige sur soi-même et d'où l'on peut claironner à travers le monde entier."

- Le quatrième danger est la NEGLIGENCE INTERIEURE. Car avec la disparition du silence, se développe le sentiment de souillure intérieure.

Au regard de ces dangers, il ressort que le silence est le catalyseur de notre état, une lutte contre nos vices, un moyen et une attitude d'apprécier la présence de Dieu. Faire silence dans la vie, c'est faire taire ses peurs et rejoindre Dieu.

Que conclure ? "Si l'entrée de Dieu en nous se fait en silence, il est bien normal que la communion avec Lui soit marquée du même sceau."

Père Etienne BAKISSI,

curé et doyen de la Roche-Bernard

source : L'écho de la Vilaine - Bimestriel - Mai-Juin 2020 - n° 51

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