L'église Notre-Dame de Bon Garant

Compte tenu de l'état de vétusté de l'ancienne église qui se situait sur la place de la Mairie actuelle, M. Hillion Olivier recteur de la paroisse, se préoccupe dès 1881 de l'édification d'une nouvelle église. La banque SELLIER de Lorient se verra confier les fonds.

M. l'Abbé Gergaud, remplaçant de M. Hillion, acquiert un terrain à l'entrée du bourg sur la route d'Assérac pour la construction de l'église. Ce nouvel édifice, d'architecture romane, a été confié à M. Le Diberder, architecte à Nantes. Les travaux furent réalisées par M. Martin entrepreneur et M. Charles Breeret, contremaître.

La première pierre fut posée le 19 septembre 1886 par Eugène Loir, supérieur du Grand Séminaire de Vannes. Les travaux dureront 4 ans. La bénédiction a eu lieu le 18 septembre 1890, par Monseigneur LECEL, Evêque de Vannes.

Eglise Notre Dame de Bon Garant 

et son porche

restaurés en Août 2009

 Notre Dame de Bon Garant

La statue de la vierge Notre Dame de Bon Garant, fut installée le 1er décembre 1965 dans l'église de Férel.

Elle se trouve contre le pilier, à gauche de l'autel.

Classée par les Beaux Arts, elle est définie "La Vierge et l'Enfant" (pierre blanche, XIV siècle). C'est une statue en pierre polychrome où la vierge, couronnée, présente un fruit à l'enfant qui se tend pour le saisir.

Cette statue faisait l'objet d'un pèlerinage le lundi de la Pentecôte, qui attirait les foules dès le Moyen-Age, mais déclina après 1709, où 70 habitants de Marzan périrent dans le naufrage du bac franchissant la Vilaine.

Cette statue se trouvait, à l'origine, dans un oratoire au village du Tertre.

Selon la tradition elle est très visitée jusqu'à ce que M de Martimont de Trégus, protestant, y soit inhumé en 1577.

Les habitants du village jettent son corps dans l'eau et apportent la statue dans la chapelle du bourg. La statue serait revenue seule à dos de brebis à l'oratoire du Tertre. Elle n'accepta de rester au bourg que lorsqu'on lui construisit une chapelle extérieure de laquelle, le visage tourné vers le tertre, elle pouvait regarder ses origines

Dans la chapelle de l'église, La statue de la vierge Notre Dame de Bon Garant, est revêtue d'un costume confectionné par une paroissienne.

 

La dénomination mariale : Notre-Dame de Bon Garant, est également attestée comme Bongarand, Bongarant ou Bon-Garand. Cet épithète marial est fort beau, formé du mot garant qui signifie depuis le XIIè siècle "personne qui certifie la vérité de quelque chose, qui répond de quelque chose", "qui garantie la tenue d'une promesse".

 

Le 15 août, à l'occasion de la fête de l'Assomption, cette statue costumée est portée en procession.

L'arbre de Jessé

L'arbre de Jessé : un vitrail représente la généalogie du Christ figurée par un arbre sortant des flancs de Jessé ou Isaïe.

Le verrier s'est apparemment inspiré de la liste que donne Saint Matthieu : "Jessé engendra le roi David. David, de son union avec la femme d’Ourias, engendra Salomon, Salomon engendra Roboam, Roboam engendra Abia, Abia engendra Asa,  Asa engendra Josaphat, Josaphat engendra Joram, Joram engendra Ozias, Ozias engendra Joatham, Joatham engendra Acaz, Acaz engendra Ézékias, Ézékias engendra Manassé, Manassé engendra Amone, Amone engendra Josias, Josias engendra Jékonias et ses frères à l’époque de l’exil à Babylone."

Tout en haut, la Vierge tient l'enfant Jésus. Ce vitrail, provenant de l'ancienne église, n'est réinstallé qu'en 1932 et classé aux monuments historiques le 7 mars de la même année.

On y distingue les armoiries des donateurs : François et Claude de Rieux, sires de Rieux et de Rochefort, ce qui porte la création de ce vitrail à la première moitié du XVIème siècle.

La Rosace Patriotique

Elle est située dans le bras gauche du transept, face à l'arbre de Jessé. La rosace date de la construction de l'église (1890) mais ornée de ce vitrail consacré aux prisonniers de guerre que depuis 1948.

Sur une initiative de M. Coué, vicaire, les anciens prisonniers de guerre 39/45, ont pris en charge le financement de la rosace, pour remercier Notre Dame de Bon Garant de les avoir protégés. Compte tenu du coût du vitrail, une participation de toutes les familles est demandée. La paroisse participe également à l'effort financier en offrant 50 000 Frs.

L'oeuvre est réalisée par M. Uzureau, artiste verrier à Nantes. Elle est composée de neuf panneaux. La pose s'est effectuée sur le mois d'Avril 1948.

"Le panneau central représente Notre-Dame de Bon Garant revêtue de son beau manteau de velours bleu. Dans les huit autres pétales on trouve :

- 1 : Prisonniers et Déportés de guerre au pied de Sainte-Anne d'Auray.

- 2 : Les mêmes en pèlerinage d'Action de Grâces à Lourdes.

- 3 : Les Prisonniers de guerre s'en allant au travail accompagnés d'un gardien en arme.

- 4 : Notre-Dame de la Mercie, patronne des Prisonniers, qui enveloppe de son simple manteau les prisonniers telle une poule ses poussins.

- 5 : Messe au camp.

- 6 : Notre-Dame de Bon-Garant s'en allant vers sa chapelle au Tertre sur un blanc mouton  (ainsi le dit la légende).

- 7 : Un cimetière de Stalag avec les humbles croix de bois, souvenir de ceux restés en terre étrangère.

- 8 : Notre-Dame de Boulogne, que viennent implorer, à son passage à Férel en août 1944, deux paroissiens et une paroissienne, celle-ci portant la coiffe du pays, ce qui donne à cette scène une vraie couleur locale."

"Le pourtour de la rosace elle-Même est constitué de dessins géométriques à teintes rouges formant un bel encadrement à la partie centrale et le barbelé qui encadre le tout et qui est là comme une couronne d'épines rappelle au mieux le triste souvenir des vrais barbelés et fait songer à toute une somme de souffrances physiques et morales endurées derrière ceux-ci, Mr le Recteur M. BELLAMY;"

Il faut savoir qu'à l'origine l'église possédait deux Rosaces, une côté nord restaurée en 2011, et l'autre côté sud, qui vu sa vétusté menaçait de s'effondrer, fut démolie dans les années 1930 et remplacée par le Vitrail du XVI ème siècle de l'Arbre de Jessé le 13 avril 1933.

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Les vitraux patriotiques

Particularité de notre église, les vitraux de la nef et du choeur représentent un saint ou une sainte ainsi qu'une photographie et le noms d'un des soldats de Férel "Mort pour la France" lors de la première guerre mondiale. Ces vitraux ont été offerts par les familles des défunts soldats.

"Deux plaques de marbre noir, se situant à l'entrée de l'église, donnent la liste et le grade des cent deux noms. Elles étaient au fond de l'église. C'était le seul mémorial des soldats morts en 1914/1918 et de 39/45. Le monument aux morts dans l'ancien cimetière n'étant construit qu'après la guerre 1939/1945 et déplacé le 24 novembre 2012 pour être actuellement près de l'église."

En 1914, la commune comptait 2057 habitants ; 400 de ses hommes partirent au front.

"Les vitraux ont été réalisés par Henri UZUREAU de Nantes, dont on trouvera la signature sous le vitrail représentant Saint Michel et la photographie de J.M. LE FLOCH. (Auteur des vitraux : le volume du Corpus Vitrearum Les Vitraux de Bretagne de Françoise Gatouillat et Michel Hérold indique que "le décor du nouveau choeur a été mis en place en 1891-1893. Les verrières des baies 5, 9, et 11 sont respectivement datées de 1890, 1893, 1891. Les verrières des baies 108 et 110 sont des productions de l'atelier Etienne et Mouilleron de Bar-le-Duc (1891). Dans les années qui suivent la Première Guerre Mondiale, est installée une nouvelle série de verrières par l'atelier Uzureau de Nantes (baies 10 et 11 signées et datées 1919), dans lesquelles sont intégrés des portraits photographiques des soldats morts.

Au total, parmi ces quatorze exemples (d'autres encore, me dit-on, sont conservés en sacristie), les numéros des régiments inscrits sur le col sont ceux des 11, 19, 66, 70, 95, 116, 154, et 211ès régiments, ce qui montre une dispersion de la population paroissiale. L'église a donc 21 vitraux patriotiques dont 14 avec en médaillon la photo du soldat défunt en 1914/1948 datant des année 1919/1922."

Source : Le Férelais octobre 2016

L'autel et

le baptistère (XVIIIème siècle)

A droite de l'autel, le baptistère est celui de la première église.

Il porte la date de la fondation de la paroisse de Férel : le 20 mai 1749.

Il est octogonal en signe de la résurrection du Christ qui eut lieu le 8ème jour.

Eglise Notre Dame de Bon Garant 

Le choeur

Le Tétra Morphe

Sous le vitrail de l'arbre de Jessé, se situent quatre panneaux.

Ils représentent les quatres Evangélistes. Avec la façade de l'Ambon

(pupitre à droite du Choeur) représentant le Christ, ils constituaient l'ancienne Chaire démontée dans les années 1975. 

Le Tétra morphe : ou les "quatre vivants", ou encore les "quatre êtres vivants", représentent les quatre animaux ailés tirant le char de la vision d'Ezéchiel (Ez 1; 1-4)*; On les retrouve dans l'Apocalypse de Jean (Apoc 4 ; 7-8). Plus tard, les Pères de l'Eglise en ont fait l'emblème aux quatre Evangélistes :

Le Lion pour MARC, Le Taureau pour LUC, l'Homme pour MATTHIEU et l'Aigle pour JEAN; Ils accompagnent souvent les représentations du CHRIST en Majesté (façade de l'Ambon).

L'Homme (ange) est MATTHIEU :

Son évangile débute par la généalogie humaine de Jésus. Il s'agit bien d'un hommeSaint Matthieu est l'un des douze apôtres choisis par Jésus.Il est collecteur d'impôts pour les romains à Capharnaüm. Le Jour où Jésus, de passage devant son bureau de péage, lui demande de la suivre, il abandonne tout et devient l'un de ses disciples. 

Le lion est MARC :

Dans les premières lignes de son évangile, Jean-Baptiste crie dans le désert "à l'époque les lions étaient fréquents dans les régions désertiques". Saint Marc est un juif de Jérusalem. Il est le compagnon des premiers voyages de Paul et Barnabé. Mais il est surtout le compagnon de Pierre, qu'il a rejoint à Rome.

L'Evangile de Marc est considéré comme le plus ancien des quatre.

 

Le Boeuf est LUC

Aux premiers versets de son évangile, il fait allusion à Zacharie qui offre un sacrifice à DIEU. Or dans le bestiaire traditionnel, le Boeuf est signe de sacrifice.

Saint Luc est un paÏen d'Antioche, il n'a pas connu personnellement Jésus. Après avoir étudié la médecine, il rencontre Paul et Barnabé et devient chrétien.

L'aigle est JEAN :

Son évangile commence par le mystère céleste, une élévation que seul l'aigle peu atteindre. Saint Jean est un pécheur de Galilée comme son père Zébédée et son frère, Jacques. Il est le plus jeune des Apôtres ; lorsqu'on parle de lui dans les Evangiles, on parle de celui que Jésus aimait.

​© 2014 Doyenné de la Roche-Bernard

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